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L’eau de pluie : pour quelle utilisation ?
- L’utilisation pour l’extérieur
L’utilisation de l’eau de pluie pour l’extérieur nécessite une installation simple à mettre en œuvre : une cuve hors sol suffit, et le système de filtration se contentera de retenir les impuretés les plus grosses. L’eau ainsi obtenue permettra l’arrosage du jardin, le nettoyage de votre terrasse et de vous allées bétonnées, le lavage de votre véhicule et le remplissage de votre piscine. Dans ce dernier cas, il ne s’agira que d’un remplissage d’appoint : l’eau n’étant que partiellement filtrée, le remplissage complet nécessitera un traitement renforcé au niveau de la piscine.
- L’utilisation pour l’intérieur
L’équipement est ici plus important (donc plus coûteux). D’abord, la cuve est de préférence enterrée et nécessite de ce fait l’installation d’une pompe. Ensuite, une solution de filtration plus fine est requise pour l’élimination des particules, des bactéries et des odeurs.
Enfin, la distribution devra se faire par un réseau parallèle au réseau communal. L’eau ainsi filtrée permettra l’alimentation des WC, du lave-linge et l’utilisation pour l’entretien des sols.
Les éléments de votre installation
• Le captage
Le captage de l’eau de pluie est assuré par le toit, les gouttières et descentes.
→ Le toit
La quantité d’eau captée dépend de l’exposition à la pluie, de la superficie du toit, de sa pente, mais aussi du matériau de couverture utilisé. Les matériaux les plus efficaces dans ce domaine sont les tuiles, les ardoises, le zinc. Viennent ensuite la tôle ondulée galvanisée, le béton et le plastique.
A savoir : la société TERRE DE PLUIE® située à Papeete - Fariipiti commercialise un collecteur de pluie en toile Ferrari avec enduit PVC classée qualité alimentaire. Résistante aux UV, cet impluvium est proposé dans différents coloris pour une meilleure intégration. Maintenu à une hauteur de 2m par des mâts en inox, la tension et l’inclinaison sont réglables par un système de sangles/poulies. Elle représente une solution idéale pour les habitations dont le matériau de couverture n’est pas adapté à la récupération d’eau de pluie, ou en complément pour les habitations dont le potentiel de captage offert par le toit est insuffisant pour couvrir les besoins.
Le cuivre, l’aluminium, le bois (rendement moyen, coloration de l’eau et apport de bactéries), les matériaux végétaux (très faible rendement, coloration de l’eau, nombreuses impuretés) ainsi que les matériaux synthétiques et les goudrons sont fortement déconseillés. Quant au plomb et l’amiante, ils sont rigoureusement interdits pour leur nocivité.
A savoir : la récupération d’eau de pluie est proscrite sur les toitures terrasses, a fortiori si elles sont accessibles.
→ Les gouttières et descentes
L’eau captée par les tôles glisse vers les gouttières qui la dirigent vers les conduits de descente. Pour assurer une eau de qualité, il faudra ici encore respecter certaines règles quant au choix des matériaux et à l’entretien de votre installation.
- les matériaux : tous les matériaux sujets à corrosion sont bien évidemment proscrits. Le zinc, le PVC et l’acier inoxydable restent les plus couramment utilisés. La fonte est également recommandée mais elle est plus coûteuse et plus lourde.
- l’entretien : une première précaution est de placer une grille de filtration (crapaudine) en haut des descentes de gouttières. Elle évitera la descente de feuilles, cadavres d’animaux, rats… dans votre cuve. Selon la densité et la nature de la végétation autour de votre habitation, il faudra procéder à un nettoyage plus ou moins fréquent des gouttières et de la crapaudine. Lorsque la saison des pluies arrive, vérifiez que les conduits ne sont pas obstrués, ce qui rendrait votre installation inefficace.
• Le stockage
Le choix d’une cuve portera sur trois paramètres : la capacité, le type d’implantation et le matériau :
→ La capacité
Le volume des cuves pour une utilisation en habitation individuelle va en général de 100 à 15.000 litres. Déterminer la capacité idéale de votre cuve n’est pas simple car elle dépend de plusieurs paramètres :
- En amont, il faudra déterminer la capacité de collecte qui dépend notamment de la pluviométrie, la surface du toit, le matériau de couverture utilisé. En Polynésie, les fortes pluies sont concentrées sur la période de décembre à mars (75% du volume annuel en 4 mois). Pour satisfaire aux besoins durant la longue saison sèche, il faudra disposer d’une capacité conséquente qui permettra de stock un maximum de l’eau captée durant la courte période pluvieuse.
- En aval, il faudra estimer vos besoins selon l’utilisation que vous en ferez (jardin, piscine, intérieur). L’arrosage de votre jardin utilisera environ 10 litres/m2 et par an. Si vous disposez d’une piscine, il faudra compter une consommation supplémentaire annuelle de 3.000 litres. L’utilisation pour les besoins de la maison (WC, lavage…) encore 3.000 litres. Il faudra enfin tenir compte que le fond de cuve n’est pas utilisable et doit être déduit de la capacité réelle de stockage.
→ Le matériau

- la cuve en polyéthylène : elle représente la solution la moins coûteuse et offre une grande facilité d’installation. Sa légèreté facilite également son transport et sa manipulation. Enterrée, elle encaisse sans désordre les mouvements de terrain. Contrairement à ce que l’on peut entendre, il n’y a aucune migration des particules de polyéthylène vers l’eau. Par contre, ce matériau ne neutralise pas l’acidité naturelle de l’eau de pluie, ce qui augmente les risques de corrosion au niveau des canalisations. Des parpaings placés en fond de cuve permettront au ciment alcalin qu’ils contiennent de neutraliser en partie l’acidité de l’eau. Sa grande résistance aux rayons solaires lui confère une durée de vie d’environ 25 ans. Notez enfin que ce matériau est recyclable.
- la cuve en béton : son installation est bien plus onéreuse qu’une cuve en polyéthylène, mais sa durée de vie est de plusieurs dizaines d’année. Le béton étant composé de ciment alcalin, la neutralité de l’eau est assurée à son contact. Pour éviter les fuites dues aux microfissures, les parois intérieures seront imperméabilisées avec un enduit qui devra être renouvelé environ tous les 5 ans. Le béton étant moins lisse que le polyéthylène, il aura tendance à accrocher les impuretés : l’intérieur devra être entretenu fréquemment.
- La citerne souple : faite en tissu haute technologie hyper résistante disponible en différents coloris, la citerne souple, également commercialisée par la société TERRE DE PLUIE®, permet de stocker l’eau à l’abri de la lumière et de l’air, lui offrant une stabilité durant 3 ans. Elle élimine également tout risque de contamination. Pour la collecte de l’eau, elle est coupéle à l’impluvium en toile proposé par la même société. Si elle est garantie 10 ans, sa durée de vie est double. Son installation nécessite un décaissement..Etant souple, elle ne doit pas être enterrée. Elle représente LA solution de stockage d’eau pour les sites isolés tels que les atolls.
→ Le type d’implantation
La cuve peut être hors-sol ou enterrée. Quelle que soit l’implantation choisie, son accès devra être aisé pour faciliter son entretien régulier.
- la cuve hors-sol : c’est l’implantation la plus simple. Elle convient plutôt aux cuves de faible capacité. Plus exposée au soleil que la cuve enterrée, la cuve hors-sol favorise le développement de micro-organismes (bactéries, algues…). De ce fait, son contenu est limité à une utilisation pour l’extérieur (arrosage, nettoyage des sols, lavage de voiture). Esthétiquement, la cuve hors-sol ne fait pas dans la discrétion et s’intègre difficilement dans le décor, même si elle est disponible dans plusieurs coloris. On pourra cependant la dissimuler par de la végétation, tout en préservant son accessibilité. La distribution se fait sans l’aide de pompe, par des robinets intégrés au bas des parois.
- la cuve enterrée : elle permet une utilisation de l’eau pour l’extérieur comme pour l’intérieur. Son coût est bien sur plus important, à cause des travaux d’aménagement et du système de fonctionnement bien plus complexe que celui de la cuve hors-sol. La cuve enterrée peut être implantée à l’intérieur de votre habitation (sous une pièce non habitée comme le garage), même si l’installation extérieure reste la plus courante. Ce type d’implantation nécessite un décaissement, la mise en place des raccordements au réseau de votre maison (indépendant du réseau d’eau potable) pour l’utilisation en intérieur. Le dispositif comprendra un système de filtration et d’aération indispensables pour une utilisation de l’eau en intérieur, ainsi qu’une pompe pour relever l’eau jusqu’aux canalisations. Un système de trop-plein permettra en outre d’évacuer le surplus d’eau. Un système permettra enfin au réseau d’eau potable de relayer le réseau de la cuve lorsque celle-ci est vide.
• La filtration
Sa transparence et l’absence d’odeur ne sont pas des indicateurs fiables quant à sa pureté de l’eau. Pour une utilisation en eau sanitaire, la filtration de l’eau de pluie est une étape indispensable visant à la débarrasser de ses impuretés (micro-organismes, produits toxiques…). Le système de filtration devra être adapté à l’utilisation de l’eau.
→ L’osmoseur
L’eau soumise à forte pression est filtrée par une membrane dont les pores laissent passer les molécules d’eau en retenant les particules indésirables. L’eau osmosée est ainsi débarrassée de 99% des impuretés, y compris des bactéries. C’est le système le plus efficace pour purifier l’eau. Le principal inconvénient est que l’eau est également débarrassée de ses sels minéraux. L’osmoseur est présenté sous forme d’un kit composé successivement d’un filtre à sédiments, d’un filtre à charbon actif, d’une membrane et d’une cartouche de filtration au charbon actif supplémentaire qui traite les bactéries et les odeurs. Même si la membrane ne doit être remplacée que tous les 2 ans (grâce à une élimination permanente des impuretés retenues), ce système de filtration n’est pas économique. La membrane est coûteuse, l’eau filtrée réellement utilisable ne représente que 25% de l’eau injectée, et une cartouche réminéralisante est nécessaire pour compenser les effets négatifs de la filtration.
→ Le filtre à charbon actif
Il se présente sous forme d’une cartouche que l’on place dans un réceptacle fixé au tuyau. Son efficacité se situe principalement au niveau du traitement des mauvaises odeurs de l’eau. Il élimine également des polluants tels que les pesticides et les hydrocarbures. Les particules retenues par ce système de filtration ne sont pas évacuées, ce qui impose le changement régulier de la cartouche. Malgré cela, cette solution reste économique.
→ Le filtre céramique
Il consiste en une cartouche composée d’un filtre retenant les impuretés supérieurs à 5μ, suivi d’un filtre dont le calibrage est inférieur à 1 micron, complétés d’un filtre à charbon actif. La diminution du débit d’eau est un signe que le filtre doit être nettoyé. Il suffit alors d’un passage sous l’eau froide en brossant légèrement l’élément de filtration. Si le filtre 5μ doit être changé chaque année, le filtre céramique a une capacité de traitement supérieure à 20.000 litres, ce qui lui confère une durée de vie de plusieurs années. Ce système constitue une solution économique.
→ La stérilisation par ultraviolets
Elle représente une solution efficace pour le traitement contre les micro-organismes contenus dans l’eau. En éliminant 99% des microbes, algues… le stérilisateur permet son utilisation pour l’intérieur et pour le remplissage d’appoint de la piscine. La rampe d’ampoules se fixe simplement sur la canalisation. Les ampoules UV se remplacent tous les ans.
→ Système de potabilisation de l’eau de pluie
Il est possible de rendre de l’eau de citerne potable sans raccordement au réseau d’eau potable. Dans l’idéal, l’installation se compose des éléments successifs suivants :
- un filtre 5μm qui élimine les particules
- un filtre à charbon actif qui élimine les matières organiques responsables du goût désagréable et des odeurs
-un stérilisateur ultraviolet, pour l’élimination des virus, bactéries et champignons. Un tel système garantie une eau de bonne qualité pour un investissement mesuré.
• La distribution
Dans le cas d’une cuve enterrée ou d’une cuve hors sol ne disposant pas de robinet, l’installation d’une pompe s’avère nécessaire pour alimenter les canalisations de votre habitation. Deux systèmes de distribution existent, suivant le type de cuve dont vous disposez.
- le surpresseur : il permet d’injecter sous pression l’eau de la cuve dans la tuyauterie. Ce système convient pour les cuves hors sol.
- la pompe immergée : c’est la solution indispensable pour les cuves enterrées.
L’EAU POTABLE
En Polynésie, mis à part à Arue, Papeete, Bora Bora et depuis peu à Punaauia, l’eau du robinet n’est pas potable. Cela conduit à se tourner vers des solutions telles que l’eau conditionnée en bouteilles ou en bonbonnes, ou un traitement de l’eau à la sortie du robinet.
L’eau conditionnée
→ L’eau en bouteilles
Le verre et le plastique sont les deux matériaux utilisés pour le conditionnement de l’eau. L’eau produite localement est exclusivement conditionnée dans des bouteilles en plastique, alors que certaines bouteilles importées sont conditionnées dans du verre. Au niveau sanitaire, le conditionnement en verre reste préférable. Il a en effet été récemment démontré que la chaleur occasion stérilisation nait une migration de particules cancérigènes du plastique vers l’eau, de sorte que l’eau d’une bouteille laissée dans un véhicule exposé au soleil doit être considérée comme toxique. Sur un plan écologique, l’importation de bouteilles d’eau sonne d’emblée comme une absurdité dans la mesure où il existe une production locale et que l’on connaît l’impact d’un tel transport sur l’environnement. Concernant la production locale, reste le problème du traitement de l’emballage plastique.
→ L’eau en bonbonnes
Par rapport à l’eau en bouteille, la bonbonne présente l’avantage d’une durée de vie plus importante puisqu’elle est réutilisable. Elle produit donc moins de déchets. Mais ce système impacte tout de même l’environnement de manière négative, compte tenu de l’énergie dépensée pour le conditionnement, pour le transport et la livraison à domicile ainsi que pour le fonctionnement de son système de réfrigération spécifique.
L’eau du robinet
Ici, pas d’emballage, pas de recours à un véhicule pour le transport et l’approvisionnement. L’eau arrive à votre robinet via le réseau hydraulique de votre commune. Au niveau écologique, c’est l’idéal. Sur un plan sanitaire, ce n’est pas encore évident, même si les communes s’organisent lentement pour moderniser leur réseau. Pour profiter pleinement et sans risque de cette eau toujours disponible, diverses solutions existent, tandis que d’autres procédés ne sont pas sans danger.
La chloration de l’eau
Elle est effectuée en amont sous le contrôle de la commune. En Polynésie, pas de problème de tartre ni de calcaire. Le traitement consiste simplement à la chloration de l’eau. C’est là le gros problème ! A l’heure où la toxicité du chlore est de plus en plus admise (même par l’OMS), il semble qu’en Polynésie, on aie la main un peu lourde à ce niveau. D’après la communauté scientifique compétente en matière de bio électronique, si la grande majorité des bactéries responsables des maladies infectieuses sont défavorisées par le traitement au chlore, celui-ci crée par contre des conditions électrochimiques qui favorisent le développement des virus. Une consommation régulière et prolongée d’une eau chlorée modifie de manière progressive certaines caractéristiques du sang et transforment le corps en un terrain favorable au développement de cancers et apportent une plus grande sensibilité aux virus. De ce fait, la chloration de l’eau traite les risques immédiats mais entraîne des risques à long terme. Lorsque l’on sait que l’investissement pour un tel procédé de désinfection est de loin le moins coûteux (à court terme tout au moins), on comprendra mieux ce choix. Une solution qui pourrait minimiser les désavantages liés à l’utilisation de chlore serait d’effectuer une désinfection primaire par l’ozone ou les ultraviolets. Une dose minime de chlore suffirait alors à protéger l’eau dans le réseau de distribution (où les sources de contamination existent), jusqu’au consommateur.
Le traitement par ozone
L’ozone possède des propriétés désinfectantes plus efficaces que le chlore puisqu’il est également efficace contre les virus et les protozoaires. Si la production d’ozone résulte d’un système énergétivore et complexe nécessitant un investissement conséquent, il se décompose naturellement en oxygène et ne pollue pas l’eau. L’ozone étant produit sur place, ce traitement ne nécessite pas de transport de produits toxiques. Il ne nécessite pas non plus d’accessoires consommables générant des déchets. Les traitements par l’ozone et le chlore sont plutôt justifiés pour des installations collectives de taille importante car ils nécessitent des compétences techniques et un investissement peu rentable pour un traitement à petite échelle.
La stérilisation par ultraviolet
L’eau est exposée à un rayonnement ultraviolet biocide. Ce système est économique, tant au niveau de l’investissement que de l’utilisation. Sur un plan écologique, il n’y a pas, contrairement au traitement par le chlore, de stockage de produits chimiques, ni d’altération des qualités de l’eau. Par contre, les ultraviolets rendent les bactéries inactives mais ne les éliminent pas. La consommation doit donc intervenir immédiatement après le traitement, avant qu’elles ne redeviennent éventuellement actives. Enfin, l’efficacité du procédé dépend de la densité des particules en suspension dans l’eau, qui ont tendance à stopper les ultraviolets. Certaines algues et moisissures nécessitent une exposition importante.
La microfiltration
Avec un pouvoir filtrant se situant à 0,2 μm, les bactéries ne son pas simplement inactivées mais éliminées de l’eau. Par contre, la microfiltration est inefficace contre les virus, leur taille étant inférieur à celle des pores du filtre. L’investissement de départ est très faible, puisque le système est d’une grande simplicité, mais l’utilisation nécessite un renouvellement régulier des cartouches filtrantes, générant un coût d’utilisation à prendre en
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