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Les sols
• Les sols en bois massif

Difficile en Polynésie d’avoir une démarche 100% écologique lorsque la plupart des bois doit être importée, en l’absence d’une véritable filière de production et d’exploitation des essences locales. (Mais où est donc passée la TDL perçue à l’importation des meubles et autres produits à base de bois destinée à financer la plantation et l’exploitation de forêts locales et pouvant avoir pour une fois un effet positif concret sur l’emploi ?) Malgré cela, le bois reste un matériau écologique exemplaire ; il dispose d’un bilan carbone et énergie grise exceptionnels, ne génère pas de déchets lors de sa transformation. Il est également entièrement recyclable. Enfin, ses performances exceptionnelles se situent également au niveau de l’isolation thermique et phonique.
Ne tombez pas dans le piège des faux parquets français ! Certains parquets, fabriqués à partir d’essences originaires de France sont transformés en Chine ; un allez et retour au coût écologique qui réduit d’autant l’intérêt de l’utilisation du bois. Pour ces parquets bon marché, le coût est essentiellement écologique : si un parquet fini fabriqué en France génère un déplacement tous types de transports confondus de 2.800 Km, un parquet d’essences Françaises fabriqué en Chine et commercialisé en France aura parcouru un total 37.000 Km : une consommation de carburant et émission de gaz à effet de serre comparativement multiplié par 17, ce qui change la donne !
D’un point de vue décoratif, on peut compter sur de nombreuses textures, teintes et finitions, d’autant plus pour une utilisation en décoration intérieure qui permet une large palette d’essences. Parquets en bois massif ou contrecollés ? D’un point de vu écologique, il n’y a pas photo ! Les contrecollés nécessitent plus de transformation et font souvent appel à des colles toxiques, sans compter certains produits de vitrification sur lesquels on peut émettre des réserves. De plus, la couche d’usure, généralement d’une épaisseur de 2 à 3 mm, n’autorise tout au plus que trois ponçages de rénovation, ce qui en fait un matériau bien moins durable que le bois massif. Il existe cependant des contrecollés « écologiques » dont les couches de bois sont plus épaisses et qui utilisent des colles sans solvants ni formaldéhyde. Ces contrecollés sont par contre trop peu répandus.
Le bois rectifié Ce procédé de traitement par chauffage du bois permet d’adapter n’importe quel bois à des contraintes d’humidité, pour une utilisation dans une salle de bains ou une cuisine. Même si l’opération nécessite de l’énergie, celle-ci est bien inférieure à celle nécessaire pour fabriquer du PVC par exemple (environ 12 fois moins). De plus, l’énergie impliquée dans le traitement se compense par le fait de pouvoir utiliser des essences locales : une économie significative sur le coût écologique du transport, et une filière de plus qu’il conviendra d’exploiter localement !
Les parquets neufs vendus sans être traités devront recevoir un traitement protecteur… écologique. Le sel de bore, mélangé avec de l’eau, est efficace contre les insectes xylophages et champignons et ne produit pas d’odeur ni d’émanation. On peut le vitrifier (il existe des vitrificateurs biologiques) ou le huiler (ex : huile de lin). Une finition huile/cire donnera à votre paquet un aspect satiné et le rendra hydrofuge et facile à entretenir.
• Les sols en bambou

Les parquets et decks ne sont pas tous des plus écologiques. Certains bois, souvent les moins onéreux, subissent de nombreux traitements (chimiques notamment). Le conditionnement du produit fini (générateur de déchets), le type de pose et le traitement entrent également en compte dans l’évaluation de l’impact écologique. Les revêtements bois les moins préjudiciables pour l’environnement sont le chêne et le châtaigner, avec des traitements réduits et un cycle de pousse bien géré. Mais à ces essences onéreuses, il existe une alternative. Le bambou est une plante de grande valeur sur un plan écologique : il pousse sans irrigation et sans intervention de pesticides. Après qu’il ait été coupé, le plant repousse toujours, avec un cycle de croissance très court (maturité à 4 ans) comparativement aux arbres exploitables, ce qui en fait le matériau renouvelable par excellence. Ses racines contribuent à la stabilité des sols dans des régions ou la déforestation et l’agriculture ont appauvri la terre et favorisé son érosion. Sa coupe s’effectue avec du matériel léger et les usines de transformation (qui ne nécessite ni carburant ni électricité) sont implantées à proximité des forêts. Une énergie grise qui a donc pour seul véritable maillon faible, le transport du matériau fini à l’exportation. Les déchets de la transformation sont recyclés (comme combustible par exemple). Certains fabricants garantissent en outre des parquets dépourvus de substances chimiques, acides ou résines synthétiques, affichant ainsi un taux de COV (composés Organiques Volatils) inférieur au seuil défini par les normes européennes déjà très strictes. Au niveau des qualités mécaniques, le bambou offre une stabilité dimensionnelle, une résistance à l’humidité et une dureté qui n’ont rien à envier aux bois les plus performants. Sur le plan esthétique, l’aspect du parquet en bambou dépend de la couleur, de la disposition des lattes et de la finition. Le bambou est naturellement clair, mais on peut obtenir une teinte foncée par un traitement à haute température qui fera carboniser les sucres contenus dans la fibre. La pose des lattes peut se faire dans le sens horizontal ou vertical. Dans le premier cas, les nœuds caractéristiques du bambou apparaissent sur toute la longueur de la lame par intervalles de 15 à 20 cm. Dans le deuxième cas, aucun nœud n’apparaît puisque ce sont les longueurs entre les nœuds qui sont exploitées. Il présente alors un aspect proche du parquet en bois. Le vernis peut être brillant ou satiné.
• Les sols en liège
Le matériau brut est prélevé sur le chêne liège dont il constitue l’écorce. Si son cycle de disponibilité est relativement long (10 à 15 ans) il n’en demeure pas moins un matériau renouvelable. Léger, imputrescible, pourvu de qualités isolantes (thermique et phonique) exceptionnelles, il constitue un matériau écologique de choix pour les sols, d’autant qu’il peut également être issu du recyclage des déchets générés par la production de bouchons qui sont alors broyés et agglomérés (à l’aide de subérine, résine non toxique elle-même extraite du chêne). Le procédé de transformation est sans impact sur l’environnement : l’écorce est simplement bouillie et tranchée pour se présenter en lames ou en dalles. En fin de vie, il est entièrement recyclable. L’exploitation du liège comme matériau de revêtement permet enfin de protéger le chêne qui constitue un patrimoine naturel exceptionnel, l’industrie du bouchon se portant de plus en plus sur des matériaux plastiques.
Il y a liège et liège ! Attention à certains revêtements présentés comme étant du liège et résultant en fait d’un mélange douteux de polyvinyle de chlore et d’additifs tels que des agents assouplissants, plastifiants ou encore des colles et vernis toxiques.
Le choix de la sous-couche et de la colle aura son importance dans la qualité écologique du matériau. Une colle sans solvant permettra de fixer les dalles de liège sur un support en fibres de bois denses assez épais. Pour obtenir une belle finition, on appliquera plusieurs couches d’huile dure (de 3 à 5 selon les lièges), suivi après séchage, de 2 couches de d’huile-cire voire de cire-résine dure. Le liège a une résistance moyenne au poinçonnement. Attention aux meubles lourds et aux talons aiguilles !
• Les sols en carreaux de terre cuite

Matériau écologique inégalable en terme de durabilité, les carreaux de terre cuite s’obtiennent à partir d’argile et de sable qui constituent leurs principaux composants. A la foi dur et poreux, ce matériau fait preuve d’excellentes qualités isolantes et d’une très bonne inertie thermique. Si le procédé de cuisson à haute température (1.100°C) pèse assez lourdement sur le bilan carbone et énergie grise, la terre cuite n’en demeure pas moins un matériau écologique du fait de sa durabilité exceptionnelle et son non toxicité. Sa pose peut se faire en utilisant un mélange de la chaux et de sable plutôt que des colles polluantes, aussi bien en sous couche que pour les joints. D’un point de vue esthétique, on pourra compter sur un aspect authentique, avec une touche méditerranéenne, et sur des teintes allant de l’ocre, au brun soutenu, en passant par les beiges et rouille.
• Les fibres végétales

→ Le jonc de mer
Des matériaux de revêtement de sol en fibre végétale, le jonc de mer reste assurément le plus adapté à notre climat humide. La grande résistance de ses fibres et sa facilité d’entretien en fait également un revêtement adapté aux zones à fort passage. En amont, la pousse se fait sans engrais ni pesticide et après sa récolte, le tissage des fibres est encore souvent effectué artisanalement, et contribue à maintenir un emploi local. Là encore, comme tous les matériaux originaires d’Asie, l’impact écologique se situe essentiellement au niveau du transport à l’exportation. Malgré cela, le jonc de mer reste un matériau écologique à plus d’un titre ; la fibre végétale ne nécessite aucun traitement, elle est bien évidemment entièrement biodégradable et son support est constitué de latex, qui est lui aussi un produit naturel. Son exceptionnelle durabilité est également à prendre en compte sur le plan écologique, même si elle est souvent proportionnelle au prix. Le jonc de mer existe en plusieurs coloris (herbe sèche, avec une teinte légèrement dorée, ou teinté en noir) et styles de tressage. Pour conserver sa brillance et sa souplesse, il doit être régulièrement humidifié, sous peine de devenir cassant et se détériorer. Sensible aux tâches, il n’est pas indiqué comme revêtement pour les sols de cuisines.
→ La fibre de coco
L’épaisseur de la fibre du coco lui offre une résistance à l’usure adaptée aux pièces et zones fréquentées de la maison. Imputrescible, antibactérien, ce matériau naturel n’est cependant pas adapté à un environnement trop humide, ce qui interdit par exemple son emploi dans une salle de bains. Comme pour le jonc de mer, la fibre de coco existe en plusieurs tissages ; le chevron, tissé très serré est le plus solide. En damier (Panama) ou bouclé, le produit offre plus de finesse dans les motifs. L’épaisseur reste par contre une constante et se situe aux alentours d’1 cm. Côté coloris, la fibre neuve dispose d’une teinte brun noisette, qui s’éclaircie avec le temps. Il existe également des tissages mixtes de fibres claires et foncées. Son dossier est également fait en latex, pour un produit fini 100% naturel. Son prix est des plus abordables, comparé notamment au jonc de mer. La transformation de fibre de coco représente une opportunité de valorisation d’un produit local et de développement de l’emploi qui favorisera en outre la décentralisation dans nos îles. Une activité à haute valeur environnementale, économique et sociale !
→ Le sisal et le chanvre
Ces fibres végétales nécessitent également très peu de ressources naturelles pour leur croissance et offrent un rendement record à l’hectare. Leur culture se fait sans produits chimiques (pesticides, herbicide, engrais). Enfin, leur transformation permet de valoriser la main d’œuvre dans le pays d’origine. Moins communs que le jonc de mer et la fibre de coco, la résistance de leur fibre offre une excellente durabilité et résistance à l’usure, avec une valeur écologique équivalente.
→ Le linoléum
Ne vous fiez pas à son aspect « synthétique » ! Le linoléum est un revêtement 100% issu de matières naturelles et renouvelables. Comme la racine de son nom l’indique, ce matériau est principalement composé d’huile de lin obtenue à partir des graines écrasées, qui sert à imperméabiliser une toile de jute sur laquelle on appliquera ensuite des résines naturelles (résine de pin), de farines de bois et de liège. De ce fait, le linoléum est parfaitement biodégradable et n’est pas source de pollution en fin de vie. De plus, la pousse du lin ne nécessite pas de produits chimiques (pesticides, en grais…). Dans sa fabrication, le linoléum se passe d’adjuvants, de colles, colorants de synthèse ou autres substances susceptibles d’émettre des gaz toxiques. Bien au contraire, ses propriétés antibactériennes ont été démontrées.
Attention : il y a linoléum et linoléum ! Les revêtements de sol en gomme présentant une surface lisse sont abusivement appelés linoléum. Fabriqués à base de PVC, l’impact écologique de leur fabrication est tout autre : utilisation de pétrole, émission de gaz à effets de serre, non biodégradabilité...
Le linoléum bénéficie d’une excellente étanchéité, d’une résistance à l’usure, au poinçonnement, et même à la chaleur de la cendre de cigarette. Ce revêtement existe enfin dans une vaste gamme de couleurs et de motifs, allant jusqu’à imiter par exemple l’aspect de la tomette de terre cuite ou encore des carreaux de mosaïque.
• La moquette
Et pourquoi pas une moquette en laine vierge ? Matériau d’origine animale (laine de mouton), renouvelable à l’infini, la laine vierge offre une sensation de confort qui n’a rien à voir avec les moquettes synthétiques. Pour mériter son titre de matériau écologique, son dossier ne devra pas être constitué de mousse synthétique, dont les diverses substances entrant dans la composition (solvants, agents plastifiants, formaldéhyde et autre…) sont source d’émanations de COV néfastes pour la santé. La moquette écologique est constituée d’une toile de jute, son assemblage avec la laine se faisant avec du latex naturel. On sera également attentif aux colles employées pour la pose. Les colles bio (à base de latex par exemple), dépourvues de solvant et d’adjuvants toxiques garantiront un environnement sain. En fin de vie, ce revêtement est entièrement biodégradable.
Les murs et plafonds
• Les enduits décoratifs

A la chaux, à l’argile ou au plâtre… Ces enduits décoratifs, naturels et traditionnels ne sont pas seulement esthétiques. Ils protègent les murs tout en les laissant respirer et contribuent à conserver un intérieur sain. Les enduits sont composés d’un liant (chaux, plâtre ou argile), de charge (le plus souvent de sable), et d’eau (employée comme diluant). Le liant, associé au diluant sert à solidariser la charge qui n’a pas de pouvoir d’adhérence propre. Les enduits peuvent s’appliquer sur tout support minéral, pourvu que l’accroche soit suffisante. En modulant la granulométrie, la proportion de la charge, la quantité de diluant et en ajoutant des colorants ou d’autres agrégats tels que le quartz ou la pierre ponce, on dispose d’une large palette d’aspects.
→ Les enduits à la chaux
La chaux s’obtient par cuisson du calcaire à +/-900°. Cette opération provoque l’évacuation du dioxyde de carbone contenu dans le calcaire, qui sera cependant réabsorbé par réaction chimique lors de la mise en œuvre. La chaux aérienne se solidifie au contact de l’air et offre un enduit plus souple et plus poreux, donc plus perméable à la vapeur d’eau que la chaux hydraulique. Elle participe de ce fait à l’évacuation de l’humidité, contrairement aux enduits synthétiques. Elle sera utilisée dans des finitions comme les badigeons ou tadelakt. Le badigeon à la chaux peut être utilisé dans toutes les pièces de la maison. Il protège de l’humidité en favorisant le cheminement de la vapeur d’eau. Dans la cuisine et la salle de bains, il doit cependant être ciré (cire végétale), pour être lavable, ce qui limite la porosité de l’enduit et donc ses qualités perspirantes. Le tadelakt est réalisé à base de chaux de Marrakech et de pigments. Il est ensuit « serré » au galet de rivière et savon noir, ce qui lui confère une surface très lisse et étanche. Il perd de ce fait les qualités perspirantes de l’enduit à la chaux brut.
→ Les enduits au plâtre
Réalisé à partir de gypse, le plâtre est lui aussi un matériau écologique à plus d’un titre. Il est très abondant, sa fabrication nécessite une faible énergie grise et il ne génère aucun déchet. Sa mise en œuvre est facilitée par l’absence de retrait volumique, un séchage rapide, des bonnes qualités d’adhérence et une réutilisation aisée. C’est également un matériau perspirant, avec d’excellentes propriétés hygrométriques. Il est enfin ignifuge.
→ Les enduits à l’argile
Régulateur hygrométrique exceptionnel, non toxique, agréable et facile à mettre en œuvre, ce matériau naturel offre un rendu très esthétique, même si la palette de couleurs reste encore limitée. A l’argile peut s’ajouter du sable et des fibres végétales ou encore des éclats de nacre qui renforcent la structure, limitent le retrait lors du séchage et donnent des effets de matière très esthétiques. L’argile est en même temps un isolant thermique et phonique et un régulateur hygrométrique efficace. Elle contribue à apporte une atmosphère fraîche. C’est un matériau disponible en grande quantité, économique et recyclable à l’infini. Sa mise en œuvre ne nécessite aucun produit chimique ni cuisson, son durcissement se faisant en séchant. C’est l’enduit disposant du meilleur bilan au niveau de son impact écologique global.
Attention aux enduits prêts à l’emploi ! Certains enduits à base de chaux comptent parfois dans leur composition des liants, résines et autres additifs de synthèse visant à permettre une mise en œuvre sur le ciment, le parpaing ou encore le plâtre. Ces enduits perdent donc leur précieuse perméabilité, sans parler du résultat esthétique souvent discutable.
• Les peintures

Les peintures de synthèse (glycérophtaliques ou acryliques), constitués parfois pour plus de 50% de solvants, auxquels peuvent s’ajouter des pigments chargés en métaux lourds, des conservateurs, des biocides, des fongicides, des insecticides, des agents anti-UV, accélérateurs de séchage, imperméabilisants, anti-mousse… sont à l’origine des fameux Composés Organiques Volatils (COV), qui polluent l’intérieur de nos habitations et menacent gravement notre santé. Or, entre les murs, les plafonds et les cloisons, une habitation de 100 m2 offre quelques 400 m2 de surface prête à peindre. Le choix d’une peinture constitue un enjeu écologique et sanitaire qu’il convient de ne pas sous-estimer.
Il existe des peintures naturelles (qui portent la mention « NF Environnement ») élaborées à partir d’essences d’écorces d’agrumes, d’huile de lin, de lavande ou encore de romarin. A base de résines végétales et de matières premières ne dégageant aucune émanation préjudiciable pour l’environnement ou la santé, elles se diluent à l’eau et ne sont ni polluantes ni nocives. Leur porosité permet au support de respirer, elles ont un bon pouvoir couvrant et sèchent en quelques heures.
Les peintures peuvent être colorées à l’aide de pigments naturels d’origine minérale (ocres, terre de sienne, argile verte) ou végétale, permettant d’obtenir des teintes allant du blanc au noir, en passant par le bleu outremer, l’ocre jaune ou l’ocre rouge, et disponibles sous forme de poudre ou de pâte. Avec des oxydes métalliques tels que le fer ou l’aluminium, on obtient des teintes plus soutenues. On écartera cependant les pigments contenant des métaux lourds tels que le plomb ou le mercure.
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