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ISOLATION THERMIQUE

LES PONTS THERMIQUES

Un pont thermique peut se définir comme un point faible dans la résistance thermique globale d’une construction. Des composants spécifiques permettent de les corriger.

→  Catégories de ponts thermiques 

– Les ponts thermiques ponctuels : il s’agit d’une interruption très localisée de l’isolation, due à des structures qui interrompent la surface isolante.

– Les ponts thermiques de liaison (ou linéiques) : Ils se situent principalement aux jonctions des murs et des planchers (bas, intermédiaires, hauts et rampants).

→  Les rupteurs thermiques 

Ils sont destinés à corriger les ponts thermiques en assurant la continuité de l’isolation des murs. Ils se présentent sous différentes formes selon qu’ils sont destinés aux planchers à poutrelles ou aux dalles en béton.

LES MATÉRIAUX D’ISOLATION

Ils sont classés en cinq familles :

→  Les isolants minéraux

– Les laines minérales : en France, ce sont les matériaux les plus mis en œuvre. Composée à plus de 90¨% de fibres minérales, son homogénéité est assurée par des liants organiques. Elles contiennent également des additifs qui réduisent la formation de poussière et l’absorption de l’eau. Dans cette catégorie, on trouve la laine de roche (basalte porté à 1500 °C puis transformé en fibres par force centrifuge. La laine de verre est produite à partir de sable et de verre recyclés en utilisant le même procédé que la laine de roche.

– Le verre cellulaire : à base de silices et de verre recyclé additionné de carbone, ce mélange crée une réaction chimique qui forme des microcellules à l’intérieur du matériau. Son excellente résistance à la compression en font un isolant particulièrement adapté aux toitures-terrasses.

– L’argile expansé : présentée sous forme de billes d’aspect lisse obtenues par chauffage à 1000 °C de granules d’argile crue, sa capacité isolante relativement limitée provient de l’air contenue dans sa structure poreuse.

– La vermiculite : les paillettes de vermiculite (sorte de mica) sont cuites à 900 °C et augmentent de 10 fois leur volume en prenant la forme de petits grains qui emprisonnent de l’air, ce qui leur confère leurs propriétés isolantes. Ce matériau peut être utilisé en vrac en isolation de planchers, de combles et en rénovation, de parois creuses.

– La perlite : à base de roche siliceuse broyée et chauffée à 1000 °C, sa fabrication est très similaire à la vermiculite. Comme cette dernière, elle peut être utilisée en vrac ou mélangée à du béton ou du mortier pour obtenir un matériau allégé.

→  Les isolants synthétiques

– Le polystyrène expansé : plastique alvéolaire fabriqué à partir de styrène expansé au pentate et à la vapeur d’eau, il  prend l’aspect de petites billes soudées entre elles présentant une structure à pores ouverts. La dernière génération de polystyrènes (Ultra Th) offre des performances thermiques appréciables.

– Le polystyrène extrudé : plus compact que le polystyrène expansé, sa fabrication sous pression avec addition d’un agent d’expansion lui donne une structure à pores fermés. A épaisseur égale, il est plus isolant. Sa bonne résistance à la compression en fait un matériau communément utilisé sous les dalles béton. Leur principal inconvénient reste la toxicité des gaz qu’ils émettent en cas d’incendie.

– La mousse de polyuréthane : isolant à alvéoles fermées c’est un excellent isolant qui permet son utilisation en faible épaisseur.

→ Les isolants à composante végétale

– Le fibragglo : il est proposé sous forme de panneaux rigides en fibres de bois compressées et enrobées de ciment. Ses capacités isolantes limitées en font une solution d’appoint en fond de coffrage ou en sous-face de plancher.

– La fibre de bois résineux : hydratée et transformée en pâte, cette matière est ensuite compressée en panneaux puis séchée. Sa capacité isolante est meilleure que le fibragglo mais reste inférieure aux isolants minéraux et synthétiques. Elle peut donc servir d’isolant complémentaire ou principale pour les murs, les plafonds et les toitures. Son coût est élevé.

– Le liège : réduit sous forme de granules par broyage, il est ensuite soumis à une température de 300 °C. Sous l’action de la vapeur d’eau, les granules de matières augmentent de volume et se collent entre elles sous l’action d’une substance contenue naturellement dans ce matériau. L’air encapsulé dan sa structure micro cellulaire lui donne une capacité isolante très correcte. En vrac, il servira à isolation des planchers, alors qu’en panneaux il sera utilisé pour doubler les murs.

– La fibre de cellulose : issue du recyclage de papier journal broyé puis ignifugé, ce matériau est présenté en vrac (granules) ou en panneaux semi-rigides de différentes épaisseurs. Son pouvoir isolant est comparable au liège expansé ou au verre cellulaire (voir plus haut). On l’utilise pour l’isolation au niveau des murs et de la toiture.

– Le chanvre : c’est de la tige de cette plante que l’on extrait deux matières distinctes. La partie non fibreuse de cette tige est utilisée sous forme de granules en isolation des planchers et des toitures. La partie fibreuse est défibrée puis calibrée : c’est la laine de chanvre. On la trouve en vrac, en panneaux (avec addition de fibres de polyester) ou en rouleaux. Ses capacités isolantes sont comparables à la fibre de cellulose.

– Le lin : les fibres les plus courtes de cette plante sont transformées en laine puis traitées contre les insectes et le feu. Elles sont ensuite reliées entre elles par des fibres de polyester pour se présenter en rouleaux ou en panneaux semi-rigides dans des épaisseurs variables. Utilisable pour l’isolation des planchers, murs et toitures, son pouvoir isolant est comparable au chanvre, à la fibre de cellulose, au liège expansé ou au verre cellulaire, et à peine inférieur à la laine de roche.

– La laine de coton : tirée de la fibre du cotonnier que l’on traite en protection contre les insectes, les moisissures et le feu, elle est présentée en vrac ou sous forme de panneaux semi-rigides ou de rouleaux. Son excellente capacité d’isolation est comparable à la laine de roche et aux isolants synthétiques de dernière génération.

→  Les isolants d’origine animale

– La laine de mouton : traitée contre le feu et les insectes, elle est disponible en vrac, en rouleaux ou panneaux semi-rigides. Son pouvoir isolant est excellent (comparable à la laine de coton).

– La plume de canard : mélangée à de la laine de mouton et d’un liant à base de polyester, on les trouve en rouleaux utilisables pour l’isolation des combles et des murs. Ses capacités isolantes sont celles de la laine de mouton.

→  Les isolants thermo réflectifs

Constitués de plusieurs couches de différents matériaux séparés par des feuilles en aluminium, ces isolants de faible épaisseur tiendraient leurs performances des propriétés réfléchissantes des différentes couches. En fait, même avec des conditions optimales de mise en oeuvre, le pouvoir isolant de ces revêtements égale à peine celui des isolants traditionnels, ce qui en fait des isolants complémentaires plutôt que principaux.

A savoir : des solutions dont les capacités d’isolation promettent d’être 4 à 5 fois supérieures aux matériaux courants sont en phase expérimentale. Ils reposent sur le principe de la mise sous vide partiel d’une structure en panneaux composites enveloppé d’un film étanche.

L’ISOLATION… DE FOND EN COMBLE !

Pour transformer votre habitation en véritable boite hermétique, des solutions devront être mises en œuvre au niveau des murs, des planchers, de la toiture et des surfaces vitrées.

→ Les murs

Ils peuvent être isolés par l’intérieur, l’extérieur ou par isolation répartie.

– l’isolation par l’intérieur : c’est le procédé d’isolation le plus courant. Il peut se faire par trois moyens :

+ à l’aide d’un complexe isolant (plaque de plâtre revêtue d’une couche isolante en polystyrène ou en laine et directement collé au mur avant application d’un enduit et d’une bande de jointement pour masquer les joints) ;

+ par des panneaux de laine minérale fixées au mur par des points de colle, qu’une cloison de doublage en carreaux de plâtre ou en brique viendra recouvrir.

+ par une couche isolante recouverte d’un parement en plaques de plâtre, en panneaux de bois ou en lambris.

– L’isolation par l’extérieur : utilisé principalement en rénovation, il permet d’atteindre un niveau d’isolation très satisfaisant en éliminant en grande partie les ponts thermiques. Des panneaux isolants en polystyrène sont fixés sur une ossature en bois ou métallique avant d’être recouverts d’un enduit assurant l’étanchéité. Modifiant l’aspect extérieur de l’habitation, ce mode d’isolation n’est pas très utilisé.

– L’isolation répartie : elle est assurée par des blocs en terre cuite (Monomur®) ou en béton cellulaires offrant des qualités isolantes qui dispensent de la mise en œuvre d’un procédé d’isolation rapportée.

→  Les planchers

Selon leur nature et ce qu’ils recouvrent, les planchers peuvent être isolés de différentes manières.

– isolation rapportée en sous face du plancher : difficile à mettre en œuvre lorsque le vide sanitaire présente une hauteur limitée, ce mode d’isolation présente en outre l’inconvénient de créer un pont thermique en périphérie de la dalle

– isolation par entrevous à languettes : les entrevous en polystyrène expansé assurent une isolation thermique sans interruption tout en servant de coffrage pour le coulage de la dalle de compression

– isolation par couverture du plancher et dissimulation sous dalle flottante : les isolants doivent ici résister à la compression (ex : polystyrène extrudé). Ce procédé d’isolation permet surtout, dans les froids, une installation de chauffage par le sol.

→  Les combles

L’isolation des combles est différente selon qu’ils soient aménagés ou non. En Polynésie, les combles perdus sont de loin les plus courants. Il existe trois manière de les isoler.

– l’isolation sur surface plane : deux couches d’isolant sont disposées sur un plancher à poutrelles. Afin d’éliminer les ponts thermiques aux jointures des bandes, la deuxième couche est disposée perpendiculairement à la première qui est munie d’un pare-vapeur.

– l’isolation sur solivage apparent : une première couche d’isolant d’une épaisseur légèrement inférieure à celle des solives et munie d’un parre-vapeur est disposée entre ces dernières. Une deuxième couche est disposée perpendiculairement à la première.

– l’isolation sur plafond suspendu : un ou eux couches d’isolant sont posées sur un plafond accroché à un plancher en bous ou à une charpente.

→ Les baies vitrées

Le verre est un matériau aux qualités isolantes médiocres. Si l’utilisation du double vitrage (voir notre dossier Portes, fenêtres et vitrage) améliore les performances à ce niveau, celles-ci restent très en dessous des performances que l’on peut obtenir au niveau des murs et des planchers.

Pour contribuer à isoler l’intérieur d’une habitation de la chaleur des rayonnements du soleil, les systèmes d’occultation extérieurs (stores, volets) restent des solutions très acceptables.

 

DOUZIEME PARTIE : ISOLATION PHONIQUE

→ L’isolation phonique des murs et des cloisons

Les performance d’isolation acoustique d’un mur sont liées à sa masse volumique (kg/ m3). Plus elle est importante, plus les performances sont élevées.

– Les murs de façade: étant donné leur masse, les murs de façade disposant d’une bonne isolation thermique satisfont en principe à des exigences normales au niveau acoustique. Pour des exigences particulières, il faudra avoir recours à des isolants tels que la laine de roche ou les isolants synthétiques qui réunissent de bonnes performances au niveau thermique et phonique.

– Les cloisons intérieures : leur isolation phonique doit parfois être renforcée par des carreaux de plâtre de 10 cm d’épaisseur, ou par une combinaison de plaques de plâtre de faible épaisseur et laine de verre.

→  L’isolation phonique des planchers

Les dalles en béton et les planchers préfabriqués à poutrelles et entrevous : ils ne présentent pas de problème au niveau de l’isolation phonique en raison de leur masse importante ;

Les planchers en bois : ils isolent beaucoup moins du bruit que les dalles en béton. Une première solution consiste à remplir les espaces entre les solives de laine minérale et à les dissimuler en sous face par un parement qui constituera le plafond de l’étage inférieur. Une autre solution consiste à désolidariser le plancher de la structure porteuse en y intercalant une couche isolante qui évitera la propagation des vibrations du plancher.

→  L’isolation phonique des combles

Pour des combles perdus, une isolation thermique par laine minérale d’une épaisseur de 20 cm avec une plaque de plâtre en sous face offre une isolation phonique satisfaisante.

 →  L’isolation phonique des baies vitrées

Le principe du rapport entre la masse volumique et les performances acoustiques s’applique également pour le simple vitrage. Mais pour des raisons d’isolation thermique, la solution d’un simple vitrage épais doit être abandonnée au profit d’un double vitrage. Les caractéristiques des différents types de vitrages sont exposés dans notre dossier «Construction – Portes, fenêtre et vitrages».

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